La croyance
des prédécesseurs - as-Salaf
et des successeurs - al-Khalaf


L'innovation dans la Religion

Al-bid^ah dans la langue arabe, c'est ce qui a été innové sans équivalent antérieur et selon la Loi de l'Islam, c'est ce qui a été innové mais que n'a mentionné ni le Qour'an ni le hadith.
Elle se classe en deux catégories, comme on le comprend du hadith de ^A'ichah, que Allah l'agrée, qui a dit: «Le Messager de Allah a dit:

(مَنْ أَحْدَثَ فِي أَمْرِنَا هَذَا مَا لَيْسَ مِنْهُ فَهُوَ رَدٌّ)

(man ‘ahdataha fi ‘amrina hadha ma laysa minhou fahouwa radd)

[Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim]1 ce qui signifie: «Celui qui innove dans notre religion une chose qui n'y est pas conforme, elle est rejetée».

La première sorte: la bonne innovation (sounnah haçanah), c'est la nouveauté qui est en accord avec le Qour'an et la Sounnah.
La deuxième sorte: la mauvaise innovation (sounnah sayyi'ah), c'est la nouveauté qui est en contradiction avec le Qour'an et la Sounnah.
Cette classification est comprise également du hadith de Jarir Ibnou ^Abdi l-Lah Al-Bajaliyy, que Allah l'agrée, qui a dit: «Le Messager de Allah a dit:

(مَنْ سَنَّ فِى الإِسْلامِ سُنَّةً حَسَنَةً فَلَهُ أَجْرُهَا وَأَجْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا مِنْ غَيْرِ أَنْ ينْقُصَ مِنْ أُجُورِهِمْ شَىْءٌ، وَمَنْ سَنَّ فِى الإِسْلام سُنَّةً سَيِّئَةً كَانَ عَلَيْهِ وِزْرُهَا وَوِزْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا مِنْ بَعْدِهِ مِنْ غَيْرِ أَنْ ينْقصَ مِنْ أَوْزَارِهِمْ شَىْءٌ)

(man sanna fi l-‘Islami sounnatan haçanatan falahou ‘ajrouha wa ‘ajrou man ^amila biha min ba^dihi min ghayri ‘an yanqousa min ‘oujourihim chay’oun wa man sanna fi l-‘Islami sounnatan sayyi’atan kana ^alayhi wizrouha wa wizrou man ^amila biha min ba^dihi min ghayri ‘an ‘yanqousa min ‘awzarihim chay’)

[Rapporté par Mouslim] ce qui signifie: «Celui qui instaure dans l'Islam une bonne tradition (sounnah haçanah), il aura sa récompense et la récompense de ceux qui la pratiquent sans qu'il soit diminué quoi que ce soit de leurs récompenses; et celui qui instaure dans l'Islam une mauvaise tradition (sounnah sayyi’ah), il se chargera de son péché et du péché de ceux qui la pratiquent après lui sans qu'il ne soit diminué quoi que ce soit de leurs péchés».
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1 Dans la version de Mouslim : (( من عمل عملا ليس عليه أمرنا فهو رد )) (man ^amila ^amalan laysa ^alayhi ‘amrouna fahouwa radd) ce qui signifie : "Celui qui fait un acte qui n'est pas en accord avec notre religion, [cet acte] est rejeté".


Comme exemple de la première sorte d'innovation

il y a la célébration de la naissance (al-mawlid) du Prophète. Le premier à l'avoir instaurée est le roi Al-Moudhaffar qui était le roi de 'Irbil au septième siècle de l'Hégire. Il y a aussi la notation des points sur les lettres du Qour'an qui a été instaurée par le successeur glorieux des compagnons Yahya Ibnou Ya^mar qui faisait partie des gens de la science et de la piété. Les savants, qu'ils soient mouhaddith ou autres, ont accepté cela et l'ont approuvé. En effet, les écrits coraniques ne comportaient pas de points lorsque le Messager a dicté le Qour'an à ceux qui transcrivaient la révélation. De même, lorsque ^Outhman Ibnou ^Affan a écrit les cinq ou six exemplaires du Qour'an, ils ne comportaient pas de points; et depuis cette notation des points sur les lettres, les musulmans sont sur cela jusqu'à nos jours. Est-ce qu'on dira à ce propos qu'il s'agit d'une innovation d'égarement puisque le Messager ne l'a pas faite ? S'il en était ainsi, que ceux qui le prétendent renoncent aux Mous-haf qui comportent des points ou qu'ils effacent ces points des Mous-haf pour qu'ils en soient à nouveau dépourvus, comme ils l'étaient du temps de ^Outhman. Abou Bakr Ibnou Abi Dawoud, l'auteur des Sounan dans son livre Kitabou l-Masahif a dit: "Le premier qui a mis des points sur les lettres des Mous-haf est Yahya Ibnou Ya^mar". Fin de citation. Ce dernier fait partie des savants des successeurs des compagnons et qui a rapporté des hadith de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar et d'autres encore.


Comme exemple de la deuxième sorte

les innovations dans la croyance comme la bid^ah des mou^tazilah, des khawarij et d'autres parmi ceux qui ont dévié de ce sur quoi étaient les compagnons, que Allah les agrée, dans les sujets de la croyance. Il y a aussi l'écriture de (ص) (sad), (saws) ou (sal^am) après le nom du Prophète au lieu de (صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ).

Les spécialistes de la science du hadith (mouhaddith) ont dit dans les livres de la terminologie du hadith moustalah que l'écriture de la lettre (ص) (sad) seule est déconseillée2 tout en sachant qu'ils ne l'ont pas jugée interdite et même faite.
Alors, comment ces gens-là qui se chargent de faire et disent ce qui n'a aucune utilité, ces perturbateurs, osent-ils dire que la célébration de la naissance du Prophète est une innovation interdite, que l'invocation en faveur du Prophète (as-salatou ^ala n-nabiyy) à haute voix à la fin de l'appel à la prière est une innovation interdite, en prétextant que ni le Messager ni les compagnons ne l'ont jamais pratiquée?

Parmi ces mauvaises innovations, il y a aussi la déformation du nom de Allah en ('Ah) ou ce qui est du même genre, comme le font grand nombre de ceux qui se réclament mensongèrement des voies soufies (tariqah). L'Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l'agrée, a dit: «Les nouveautés concernant les pratiques sont de deux sortes: l'une, c'est ce qui est innové et qui contredit le Livre, la Sounnah,l'Unanimité ou les textes des prédécesseurs parmi les compagnons. Celle-là est l'innovation d'égarement. La deuxième, c'est ce qui est innové et qui fait partie des bonnes choses, qui ne comporte pas de contradiction avec le Livre, la Sounnah ou l'Unanimité et cette nouveauté-ci n'est pas blâmable», [rapporté par Al-Bayhaqiyy avec une forte chaîne de transmission dans son livre Manaqibou ch-Chafi^iyy].
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2 Pire que cela est l'écriture de (صلعم) après le nom du Prophète.